Système intégré d'irrigation par ollas et de fertigation à l'urine
Fanazavana momba ilay tolotra
Pendant la saison sèche, les sources d’eau se tarissent, limitant l’arrosage des cultures maraichères par les paysans. Les méthodes d’arrosage traditionnelles (arrosage à l’arrosoir) entrainent des pertes importantes par évaporation et par écoulement, alors que l’eau disponible est déjà réduite. Les ollas, pots en argile microporeux enterrés, sont déjà une technique d’irrigation utilisée dans plusieurs contextes. Nous avons souhaité évaluer leur intérêt dans les conditions locales, en collaboration avec des paysans. L’originalité de notre essai est d’associer l’irrigation par ollas à la fertilisation par l’urine, c’est-à-dire l’apport d’urine avec l’eau d’irrigation, afin d’étudier l’effet de l’eau et des nutriments sur les cultures. Le cout des ollas pouvant limiter leur adoption, nous avons également testé des bouteilles trouées enterrées comme alternative plus économique.
Les ollas utilisés dans l’essai sont des pots en terre cuite fabriqués à partir d’un mélange d’argile et de poudre de bois. Après cuisson, cette composition forme une structure microporeuse permettant à l’eau de traverser progressivement les parois du pot.
Les ollas sont enterrées dans le sol, leur col restant à la surface. Lorsqu'elles sont remplies, l’eau diffuse progressivement à travers leurs parois vers le sol environnant, par capillarité. Dans cet essai, nous avons comparé les méthodes d’irrigation par ollas et par bouteilles à l’irrigation manuelle à l’arrosoir, avec ou sans apport d’urine sur des brèdes. Aucune différence statistiquement significative de rendement n’a été observée entre les traitements. Les systèmes d’irrigation par ollas et par bouteilles ont ainsi permis d’obtenir des rendements comparables à ceux de l’arrosage manuel. En revanche, les volumes de liquide utilisés ont été très différents. À la fin de l’essai, l’arrosage manuel avait consommé 474 L, contre seulement 71 L pour les ollas et 216 L pour les bouteilles enterrées. Un deuxième aura encore lieu.